Ta façon d'être au monde - Camille Anseaume

Publié le 6 Mars 2016

Ta façon d'être au monde - Camille Anseaume

" C'est l'heure du départ, la fin de l'été. Il faut rentrer. Dans la chambre, je reste transie, incapable de bouger. C'est l'angoisse et les regrets qui me paralysent. Je comprends que je n'ai pas pris le temps de défaire mes valises, ni même de regarder à la fenêtre. Maintenant que je réalise qu'on y voit la mer, il est temps de m'y arracher. Le séjour est passé sans moi. J'étais là, et je ne le savais pas. J'en conçois une tristesse et une culpabilité infinies, sans commune mesure avec les faits. Tu connais ce rêve étrange que je t'ai souvent décrit. Il m'a hantée chaque nuit pendant des années. Et puis un jour je ne l'ai plus fait. Ce jour-là, j'ai compris que l'été avait duré vingt-six ans. " Elles sont amies d'enfance. L'une est inquiète, rêveuse, introvertie ; l'autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l'amour. Jusqu'à ce qu'un drame bouleverse le monde qu'elles se sont bâti... Un roman poignant sur l'amitié, le deuil, et sur ce point de bascule irréversible qui sonne la fin de l'insouciance.

Après "Un tout petit rien" qui était tout sauf un petit bouquin, l'auteure nous revient avec un nouveau roman qui, quelques jours après lecture, me poursuit toujours.

Un roman différent, plus grave. L'humour est présent oui mais juste au bon moment, juste quand on en a besoin pour éviter de fondre en larmes, juste parce que dans la vraie vie c'est comme ça, on fait bonne mine, un peu d'ironie et on repart.

J'ai vécu cette lecture en deux temps. Le premier où l'auteure nous expose la vie telle qu'elle est, comme un miroir, de l'enfance à l'âge adulte. On naît, on vit on grandit, on se construit, on doute, mais il y a les amis et les rituels du quotidien qui rendraient banal l'incident le plus grave, parce qu'on refait le monde et que ça n'arrive qu'aux autres. Puis le second temps, le drame, l'événement qui fait que rien ne sera plus jamais pareil, l'événement qui bouscule les vies, le drame qui n'est pas arrivé aux autres. Et là c'est un autre torrent d'émotions qui nous secoue, parce que nous nous retrouvons plongés dans cette bande d'amis, parce que nous sommes secoués avec eux, parce que nous vivons les étapes du deuil avec eux, parce que pour un peu nous serions là à leur tenir la main. Parce que tout simplement, la narration de Camille Anseaume a ce je ne sais quoi qui vous transporte et vous fait vivre pleinement l'histoire au point où la chute finale ne peut que vous marquer, vous bouleverser, vous faire refermer le livre en vous rappelant que cette histoire n'a rien d'extraordinaire, mais qu'elle est le reflet de la vie ordinaire d'un groupe de jeunes adultes ordinaires. Parce qu'au final le livre vous rappelle que oui tout bascule d'une seconde à l'autre, que non rien n'est jamais figé dans le temps, et que oui la vie et les certitudes ne tiennent qu'à un fil.

"Un tout petit rien fut un coup de coeur", celui-ci le dépasse tant je l'ai trouvé puissant et juste.

Je referai donc le même commentaire que l'an dernier: vivement le prochain. D'ici là il ne nous reste plus qu'à continuer de patienter en continuant de suivre le "Café de filles" de Madame Anseaume.

Merci aux éditions Kero de me l'avoir confié, le moment était intense.

Rédigé par Sophie

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Marguerite 06/03/2016 10:00

Je le veuuuuuuuuuuuuuux !
Bon, on fait comme pour "Un tout petit rien" : je te le pique à la première occasion parce que je suis trop impatiente (et fauchée), je le dévore (en reniflant), et je finis par me l'acheter dès que je le croise. ^^

Sophie 06/03/2016 10:28

c est plus ou moins le principe oui

Denis 06/03/2016 09:00

Je ne connais pas cette écrivaine mais tu donnes vraiment envie de la lire.

Sophie 06/03/2016 09:08

oh oui :)

Mélo 06/03/2016 08:46

Ohlala
Un peu trop d'émotions fortes pour moi je pense. ;p

Sophie 06/03/2016 09:09

quand tu te sentiras "bien" pour entrer dans ce livre :) et prends soin de toi surtout