La septième fonction du langage - Laurent Binet

Publié le 22 Janvier 2016

La septième fonction du langage - Laurent Binet

« A Bologne, il couche avec Bianca dans un amphithéâtre du XVIIe et il échappe à un attentat à la bombe. Ici, il manque de se faire poignarder dans une bibliothèque de nuit par un philosophe du langage et il assiste à une scène de levrette plus ou moins mythologique sur une photocopieuse. Il a rencontré Giscard à l’Elysée, a croisé Foucault dans un sauna gay, a participé à une poursuite en voiture à l’issue de laquelle il a échappé à une tentative d’assassinat, a vu un homme en tuer un autre avec un parapluie empoisonné, a découvert une société secrète où on coupe les doigts des perdants, a traversé l’Atlantique pour récupérer un mystérieux document. Il a vécu en quelques mois plus d’événements extraordinaires qu’il aurait pensé en vivre durant toute sa vie. Simon sait reconnaître du romanesque quand il en rencontre. Il repense aux surnuméraires d’Umberto Eco. Il tire sur le joint. »

Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L'hypothèse est qu'il s'agit d'un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l'époque, tout le monde est suspect...

Bienvenue dans la bipolarité littéraire mes braves gens bienvenue à vous installez-vous et discutons de "Qui a tué Roland Barthes" (mais non pas Fabien, Didier on a dit ok ok je sors).

Ah la bipolarité littéraire ou le royaume du "tout ou rien" du "oui mais peut-être" et autres tergiversations qui font d'un roman un roman marquant en bien comme en mal. Petit monde merveilleux du marquage par des pages desquelles il est difficile de dire si "oui ou non" me voilà!

La septième fonction du langage est en soi comme un thé réconfortant à l'heure du sms, du lol, du mdr et autre civilisation où ponctuation et accents n'existent plus (hélas hélas il m'arrive bien souvent d'y succomber). Ca réconforte oui car NON notre jolie langue ne perd pas de son attrait, OUI elle peut encore être maniée finement, NON nous ne sommes pas voués à la décrépitude linguistique, OUI le français vit encore de beaux jours. Mais le réconfort a son revers de la médaille, son côté obscur du cookie, sa madeleine de Proust sans beurre et sans saveur: je me suis revue 16 ans en arrière (16 ans oui rien que ça j'étais jeune, insouciante, loin de m'imaginer qu'un jour j'écrirais cet article avec en face de moi un monstre à deux couettes me jurant que "toute façon les légumes c'est juste beurk trop pas bon" oups je m'égare), assise au cours de Mme M-L Mor.... que nous ne nommerons mais qui nous infligeait de la psycholinguistique à grands coups de bouquins rébarbatifs et autres joyeusetés où notre bon français est décortiqué en sons, mots et analyses en tous genres.

Ah pour être fin c'est fin, et même succulent mais à un moment c'est bon ...

Une histoire dans laquelle j'ai plongé comme ça sans y regarder plouf je fais un plat ça fait mal mais ça fait rien (comme dirait l'autre). Parce que oui comment décrire l'intrigue? Je me le demande encore. Un peu déjanté (ah ça ...), un peu d'humour (mais de l'humour intellectuo-linguistico-travaillé, de celui où l'on fait "han ahah"), mais c'est fin et ça se lit. Mais encore une fois à un moment c'est bon.

L'ironie c'est bien, l'impertinence aussi, le respect du français c'est excellent (ça manque ...) mais trop non ... je me suis lassée sans vraiment me lasser, je me suis laissée emporter pour ne pas rester sur le bord de la route, bref un "oui mais sans plus". Je n'ai pas adhéré aux coups de coeurs et autre cris de génies, je suis restée une simple lectrice admirative du travail fourni sans vraiment parvenir à l'applaudir des deux mains.

Merci Price minister pour la découverte lors de ces nouveaux match, à l'année prochaine ?

Rédigé par Sophie

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Marguerite 22/01/2016 14:33

Juste pour dire que j'ai eu la même M-L Mor... :D (comment ça, tout le monde s'en fout?)

Sophie 22/01/2016 17:14

purée et on a survécu quoi!