Les fauves - Ingrid Desjours

Publié le 25 Novembre 2015

Les fauves - Ingrid Desjours

Votre pire prédateur : Celui qui vous aura apprivoisé. " Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la ! " À la tête d'une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l'État islamique, l'ambitieuse Haiko est devenue la cible d'une terrible fatwa. Lorsqu'elle engage Lars comme garde du corps, le militaire tout juste revenu d'Afghanistan a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit l'entière vérité sur ses activités ? Serait-ce la mission de trop pour cet ancien otage des talibans ? Dans cet univers où règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde. "

Ingrid Desjours n'est pas mon auteure favorite ... et pourtant son roman ... ce roman ... tout simplement il ne laisse pas de marbre et me poursuit. Vous vous en doutez donc, je vais vous parler d'une lecture comme je les aime, de celles qui vous captivent vous font passer une nuit blanche (ah non c'est vrai j'ai un bébé pour ça), de celles qui vous choquent.

En effet, je suis hantée par ce roman. Par ce récit au suspens froid et glaçant. Je suis hantée par ses héros et leur devenir. Hantée par cette fin brutale qui résonne encore tel un cris déchirant. Hantée par la folie humaine qui se déchaîne sur chaque page et qui n'est malheureusement pas totalement une fiction (je ne vais pas épiloguer sur le contexte actuel nous le vivons tous ou plutôt le subissons tous).

C'est une plume précise, sans détour et pleine de hargne qui anime ce récit. C'est aussi une plume avertie et documentée permettant de donner toute sa crédibilité à l'histoire. Mais c'est aussi une plume fine qui travaille ses personnages et qui manipule ses lecteurs. Bien sûr, concernant l'un d'entre eux, j'ai senti arriver le bazar (et je ne dois pas être la seule), mais ce n'est pas grave ... Ce n'est pas grave parce que tout le reste tient en haleine, fais positivement peur (entendez par là que malheureusement encore une fois c'est la triste réalité du moment), et tiens le rythme tout le long. Je n'ai pas lu ce roman, je l'ai vécu. J'en ai vu le film sous les yeux et me suis laissée prendre au jeu tel un désir avide de connaître la suite (peut-être avec l'espoir qu'elle ne colle pas à la vraie vie? ). Je me suis laissée emportée et ai senti mon ventre se nouer de trouille. Oui de trouille ... La trouille contagieuse des personnages, mais aussi celle éveillée en moi sur fond de "mais où va le monde bordel?".

Ce roman frappera beaucoup de monde. Oui bien sûr le hasard du calendrier fais que ... Mais il frappera aussi de part sa justesse, son contenu (et de par le fait que je me suis demandée si nos politiciens n'étaient pas en train de le lire pour tenter de trouver une solution pour notre petit pays mais ça c'est un autre débat ^^ ne nous emballons pas). Il frappera de part l'étalage de folie humaine et de par son cruel rappel à la réalité. Et puis il frappera tout simplement parce qu'il est fichtrement bien foutu.

A lire, à partager, à méditer.

Je suis encore là après lecture habitée par les fauves ... ceux qui courent les gros titres des journaux, mais également ceux qui courent les pages de Madame Desjours.

Et du coup j'en profite pour vous mettre cette photo trouvée sur le net que j'aime beaucoup :

Les fauves - Ingrid Desjours

Rédigé par Sophie

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