Les coeurs autonomes - David Foenkinos

Publié le 19 Juillet 2015

Les coeurs autonomes - David Foenkinos

Le plan, c'était d'attacher les flics avec leurs propres menottes. Mais ces deux-là n'ont pas de menottes. Les menottes, c'est le cœur du drame. Plus tard, elle dira que si les flics avaient eu des menottes, rien de tout ce qui va suivre ne serait arrivé. D.F.

Oui oui je continue à faire descendre la pile de livres et du coup et bien voilà de temps à autre arrive un billet sur un ouvrage pas très récent, mais après tout, suis-je la seule à lire certains ouvrages 150 ans après les autres ?

David Foenkinos. Une plume qui je trouvais sensible et touchante d'émotion après avoir lu "Charlotte" (certains on détesté, j'ai été fascinée). Dans ce bouquin, il jouait avec les sentiments, l'appel à plus d'humanité, réveillait la barbarie ayant marqué notre histoire, et faisait se serrer les coeurs des lecteurs. Je n'avais qu'une envie: retrouver sa plume dans un autre ouvrage, et le pitch de ces coeurs autonomes m'interpellait. J'ai à nouveau retrouvé une plume jouant avec les sentiments, mais qui en exploite d'autres de façon totalement réussie. De là une petite constatation: l'auteur ne ferait-il pas le choix d'axer chaque écrit sur une palette de quelques émotions en se donnant pour mission de les creuser autant que possible? Et pour moi ça marche. Je me suis retrouvée engluée dans le récit impossible de le lâcher, scotchée à mon canapé, délaissant les bagarres fraternelles au père de ces charmants petits anges, parce que mon monde s'arrêtait pendant que je lisais le récit de ces deux révoltés.

La genèse d'un amour, des sentiments qui éclatent, la volonté de suivre l'autre peu importe où il ira et peu en importe le prix. Leur historie se construit au fil des pages, en même temps que la révolte monte en eux. Eux, ces jeunes en guerre contre la société, eux ces révolutionnaires de leur petit monde, eux que les événements dépassent. Laissez-vous emporter par cette jeunesse cassée, délaissée pour certains, dorée pour d'autres, mais qui n'épargnera aucun de ces jeunes gens. C'est l'histoire de différents pôles qui se sont attirés, qui se sont embarqués l'un l'autre, qui se sont déchirés, qui se sont détruits. Qu'on le veuille ou non on s'y attache, on les suit, oui on les suit et jusqu'au bout. Le bout parlons-en, cette action décrite sur de longues pages, ce fait divers qui a secoué la France en 94. Ce bout, que l'auteur nous relate dans un mélange de froideur, de pudeur, de terreur. Ce bout qu'il nous relate suscitant en nous un tourbillon émotionnel où l'on ne sait plus ce que l'on ressent pour ces personnages auxquels on s'est attaché, où l'on ne sait pas où cela s'arrêtera, où l'on se dit que l'horreur est à chaque coin de rue (vous savez la théorie du un jour au mauvais endroit).

Une lecture qui m'a marquée assurément. Une plume que je découvrirai dans d'autres romans.

Un très bon moment de lecture (sauf si vous vous attendez à chanter la mélodie du bonheur là passez votre chemin).

Rédigé par Sophie

Publié dans #litté dite blanche

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