Still Alice (L'envol du papillon) - Lisa Genova

Publié le 15 Juin 2015

Still Alice (L'envol du papillon) - Lisa Genova

Brillant professeur à Harvard, Alice Howland adore sa vie, qu'elle partage entre les cours, la recherche et sa famille. Peu de temps avant son cinquantième anniversaire, elle s'étonne de ses trous de mémoire, de plus en plus fréquents. Sans doute est-ce le stress. Mais, un jour, Alice se perd dans son quartier en faisant son jogging, et décide de consulter un médecin. Le diagnostic est sans appel : elle est atteinte d'un Alzheimer précoce. A mesure que ses souvenirs s'effacent et que ses repères disparaissent, Alice doit apprendre à vivre au présent.

Chère Alice,

Avec ce billet, je voudrais vous témoigner tout le respect que m'inspire votre courage, votre ténacité, et votre envie de vivre. Votre histoire si poignante et pourtant si vraie est un hymne à la vie, à l'espoir (même lorsque la vie est "sans"). Votre histoire est une bataille menée par tant de gens dans l'ombre qui, chaque jour, apprennent le terrible diagnostic. Votre histoire est tout simplement la votre et révélatrice de la force que peut déployer un humain quand le ciel lui tombe sur la tête.

Je ne sais pas ce qu'il y a de plus terrible ... Perdre ses souvenirs? Ne pas reconnaître ses proches? Perdre sa force quotidienne? Le regard interloqué des gens qui ne savent pas / ne comprennent pas? Ou simplement se rendre compte de ce que l'on était et de ce que l'on devient, tout en sachant pertinemment où l'on va.

Votre histoire Alice, elle m'a touchée en plein coeur. La votre et celle de vos proches présents, même maladroitement, à chaque moment de votre bataille contre la maladie. Vous êtes une femme admirable Alice, forte, courageuse, en proie avec elle même. Vous êtes l'espoir réincarné vous qui avez cru aux essais thérapeutiques et qui vous êtes sans cesse souciée de vos proches. Vous êtes une femme, une simple femme, qui a remué tout ce qu'elle pouvait chaque jour où elle le pouvait.

Vous êtes un personnage de fiction? Oui ... Mais des "Alice" il y en a partout autour de nous. Certaines que nous connaissons peut-être, d'autres dont nous ignorons tout.

Vous avez et garderez ma chère Alice, tout mon admiration.

Des Alice, la terre en est peuplée. Parce que oui malheureusement cette maladie se répend, touche de plus en plus de monde, et reste pourtant si méconnue. Je dois bien vous avouer que si elle n'avait pas emporté un être qui m'était cher et a bercé mon enfance, je n'en saurais pas grand chose. Ce roman, c'est rendre justice aux malades, c'est leur rendre leur place dans une société qui les considère parfois comme "fous". N'y voyez aucun jugement, non ... Je me remémore simplement le nombre de fois où nous avons dis "Ohlà grand-père vieilit mal", où nous l'avons rabroué "Mais tu l'as déjà dit!", où nous avons ri de ses maladresses ... Nous ne savions pas. Nous ne savions vraiment pas, lui-même l'a su très tard. Nous avons vécu sa descende aux enfers et sa perte de capacité ... Nous avons vécu ces moments où la lucidité le gagnait soudainement, juste le temps de lui faire prendre conscience de ce qu'il devenait. Nous l'avons vu partir en étant plus que l'ombre de lui-même au propre comme au figuré.

Trève de bavardage familial, je ne pense pas que ma vie de famille vous passionne (surtout quand on ne parle même pas de mon coté mère débordée). Ce que je voulais vous dire, c'est qu'en lisant ce roman, j'ai tout retrouvé, j'ai revécu ces années. Le livre est d'une justesse parfaite: pas de guimauve, pas de mélo. Des faits ... des émotions qui sonnent justes, comme pour rendre dignité et justice à ces guerriers du quotidien en lutte contre une véritable crasse que même la science ne maîtrise pas encore.

Allez à la rencontre d'Alice, à la rencontre de la plume de Mme Genova. Elle a tout compris, elle a tout saisi, et nous livre un roman magnifiquement touchant et poignant.

Allez aussi à la rencontre de la grande Julianne Moore. Autant j'appréciais déjà l'actrice, autant je l'ai trouvé prodigieuse dans son rôle. Le film est une splendide adaptation qui sonne juste elle aussi (même si je l'ai trouvé un chouilla en dessous du roman). Mme Moore livre une interprétation remarquable, secondée par un Alec Baldwin (qui a grossi ;) ) lui aussi totalement dans son rôle. Le bémol? Miss Steward qui à mes yeux ne rend pas justice au personnage de Lydia.

Que vous le lisiez ou que vous visionnez le film ... Je vous demanderai une petite chose. Soyez attentifs au discours d'Alice lorsqu'elle prend la parole devant une assemblée pour parler de sa maladie ...

Rédigé par Sophie

Publié dans #litté dite blanche

Repost 0
Commenter cet article