Nous rêvions juste de liberté - Henri Loevenbruck

Publié le 2 Juin 2015

Nous rêvions juste de liberté - Henri Loevenbruck

«Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.» Ce rêve, la bande d'Hugo va l'exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l'indépendance et l'amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paie cher. Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d'être à la fois un roman initiatique, une fable sur l'amitié en même temps que le récit d'une aventure. Avec ce livre d'un nouveau genre, Henri Loevenbruck met toute la vitalité de son écriture au service de ce road-movie fraternel et exalté.

Sentir le vent qui vous fouette le visage lorsque vous traversez le pays en moto.

Etre ivre de vie, et la risquer juste pour s'assurer qu'on la détient toujours.

Revendiquer sa liberté envers et contre tout et surtout envers et contre une société qui vous oppresse.

Vouloir se sortir de son trou par n'importe quel moyen pour justement vivre libre selon sa propre définition et ses envies.

Brûler son existence par les deux bouts en flirtant constamment avec les extrêmes.

Autant de phrases qui pourraient résumer le bouquin mais qui restent pourtant si évasives ...

"Nous rêvions juste de liberté" est un roman que l'on se prend en pleine face de façon brutale et qui vient nous clouer aux pages en en voulant toujours plus. Toujours plus de sensations grisantes, toujours plus de rencontres, toujours plus d'émotions et de frissons. Les pages se tournent et le lecteurs s'imprègne. Il se surprend à aimer ces petites frappes devenues de vrais marginaux sous l'impulsion de la rébellion. Il se surprend à être ému et pris aux tripes par cette bande d'atta-chiants. Il se surprend à ne plus savoir ce qu'il veut entre envie de les secouer/baffer/enfermer et envie d'aller les chercher en leur disant que "ce n'est pas grave les choses peuvent s'arranger".

Ce ne sont pas des enfants de coeur, mais ce ne sont pas de vrais méchants au final. Ivres de vivre leur vie, ils traverseront le pays soudés par une amitiés sans faille et menés par des convictions qui leur sont propres. Oui, vraiment, cette bande de gueules cassées arrive à emporter le lecteur dans son tourbillons d'émotions et de délits, lecteur qui au fil des pages se surprendra lui-même à rêver de grands espaces.

Loevenbruck livre ici une plume différente. Axée sur la sensibilité et pourtant rythmée d'un bout à l'autre, l'écriture nous emporte (ou nous dévaste au choix) sur la route de cette aventure initiatique que nous livre ce road-movie.

Un roman étonnant, percutant, qui touche (et qui fait mal). Mais au final, ne touche-t-il pas autant parce qu'il vient éveiller en nous nos envies de prendre le large ?

Une lecture que je ne suis pas prête d'oublier parce que tu sais Hugo, sous vos allures de racailles et de gros durs, vous en cachez des choses ... vous nous en livrez des messages. Vous rêviez juste de liberté après tout ...

Un coup de coeur qui laisse sans mot ...

Rédigé par Sophie

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shao69 02/06/2015 16:37

Une très belle chronique pour un livre qu'il me tarde de lire ;-)

Sophie 02/06/2015 16:39

Bonne lecture .... toute en intensité ... un régal