La lettre de Queenie - Rachel Joyce

Publié le 9 Juin 2015

La lettre de Queenie - Rachel Joyce

Le roman inoubliable de ceux qu'on aime et qu'on laisse partir Vingt ans que leurs chemins s'étaient séparés. Il a suffi d'une lettre de Queenie, lui annonçant qu'elle allait mourir, pour qu'Harold Fry décide de la retrouver. Alors qu'il traverse, à pied, l'Angleterre, Queenie, de son côté, redoute les retrouvailles. Comment lui faire face ? Comment lui dire ce qu'elle cache depuis tant d'années ? Queenie lui écrit une seconde lettre. Elle lui raconte toute l'histoire. Cette fois-ci, pas de mensonges. Il est temps pour elle de lever le voile et de se libérer de cette culpabilité qui la ronge. Mais qu'a-t-il bien pu se passer, il y a vingt ans, dans cette petite ville du sud de l'Angleterre, pour qu'elle veuille la quitter et ne jamais y revenir ? Une histoire de destins manqués, tendre et bouleversante.

Mon premier billet de 2014 était consacré à la lettre d'Harold qui m'avait transportée (si vous voulez une session de rattrapage sur mon ressenti, c'est ICI). J'avais été touchée par cet homme, sa marche, ... En ne connaissant que sa version de l'histoire, et en continuant à me demander qui était Queenie dont on ne savait pas grand chose au final.

Et puis, bien plus tard, arrive ce roman. Arrive la version de Queenie. Plus tard, bien plus tard, comme de vieux souvenirs que l'on pensait oubliés et qui refont surface. Queenie mais qui êtes-vous chère Queenie? Que s'est-il passé pour qu'Harold abandonne tout et se lance dans sa longue marche? Et vous chère Queenie, comment avait vous vécu cette marche?

Voilà, les réponses à ces questions nous sont enfin livrées.

Oh bien sûr, je pense que certains lecteurs préféreront entretenir cette part de mystère et s'imagier leur histoire. Pour ma part, l'occasion de savoir nous étant offerte, je me devais d'y plonger. J'en ressors le coeur aussi serré qu'à la lecture du récit d'Harold. Les sentiments de cette femme éclatent tantôt tout en retenue, tantôt tels des feux d'artifice. Un autre coeur se livre, déborde et s'emporte, même la maladie ne parviendra pas à le faire taire. L'écriture est pour Queenie ce que la marche fut pour Harold. Elle aussi trace son chemin et cherche la rédemption, le courage d'affronter son passé quel qu'il soit.

Queenie se livre, aidée par ses soignants. Elle se livre en attendant son cher Harold. Elle écrit et parle de son histoire comme pour s'accorder une dernière danse. Elle se livre et offre son histoire comme pour faire savoir à Harold qu'elle tente de l'attendre comme il le lui a demandé.

Malgré la peur du "réchauffé", je me suis laissée faire et emporter dans leur histoire une seconde fois. Je me suis laissée happer par les sentiments des personnages, je me suis assise aux cotés de Queenie pour écouter et lire son histoire. Je lui ai tenu la main tout le long de son chemin.

J'étais heureuse de découvrir cette facette de l'histoire que j'ai tant aimée, au point de presque ressentir le soulagement de Queenie quand elle s'est livrée. Je n'ai pas eu l'impression de revivre une seconde fois le même récit, mais au contraire, d'avoir eu la chance d'en connaître la partie qu'il nous manquait. Maintenant, je sais pourquoi Harold s'est lancé dans ce périple, ses raisons étaient plus qu'honorables.

Après, le livre peut-il se lire "seul"? Sans doute oui, mais je ne suis pas convaincue que l'effet serait le même. Aussi, si vous ne l'avez pas encore ouvert, je vous invite à tout d'abord suivre la marche d'Harold, avant d'aller à la rencontre de Queenie. L'un complétant l'autre, il serait dommage de s'en priver.

Un roman bourré d'émotions, un roman humain, des pages que j'ai savourées telles un recueil de souvenir.

Je remercie vivement les éditions XO de m'avoir fait parvenir cette suite (ou plutôt ce parallèle) tant attendue !

Rédigé par Sophie

Publié dans #partenariat, #litté dite blanche

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CORSIN jean-claude 09/08/2015 19:21

"La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry" est une perle! Son complément, "La lettre de Queenie" apporte un éclairage sur leur relation mais surtout les regrets de n'avoir pas pu aller bout de cette relation à priori amicale. Queenie, au seuil de l'au delà, dit tout, et semble regretter de n'avoir pas eu le courage d'avouer son amour à Harold.....potentielle briseuse de ménage qui regrette de n'être pas aller au bout de ses désirs destructeurs. Bien triste réalité dans une époque où le divorce est banalisé, laissant les "délaissés" dans une immense détresse. Plus rien à voir avoir le romantique Trip Road d'Harold......Queenie et ses aveux, regrets au goût amer de n'avoir pas brisé une famille, tout ça se passe dans un centre de soins palliatifs pour mieux faire passer la pillule.......du mal. Je jette !