La sélection / L'élite / L'élue - Kiera Cass

Publié le 15 Mai 2015

La sélection / L'élite / L'élue - Kiera Cass

Elles sont trente-cinq jeunes filles : la Sélection s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre un monde de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le coeur du prince Maxon, l'héritier du trône. Mais pour America Singer, cette sélection relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure. Quitter sa famille. Entrer dans une compétition sans merci. Vivre jour et nuit sous l'oeil des caméras... Puis America rencontre le Prince. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés... (seue le pitch du premier tome sera affiché afin de ne pas spoiler la série ;) )

Bienvenue dans la catégorie "Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis", parce que rappelez-vous tout le "bien" pensé du seul tome 1 lors de ma première tentative.

Fatigue et longues heures en salle d'attente des urgences faisant (oui le fils a voulu essayer de jouer au foot, il a perdu), je me suis replongée dedans et j'ai bien fait.

J'ai finalement fini par accrocher à l'intrigue au point de m'enfiler les 4 tomes (le petit nouveau faisant l'objet d'un billet séparé).

Une fois toutes mes appréhensions quant à l'image de la femme (souvenez-vous je l'avais comparé à "Barbie apprentie princesse"), je me suis retrouvée face à un récit assez intéressante sous différents points de vue.

Cendrillon des temps modernes, America porte en elle le message que tous les rêves sont permis au nom de nos idéaux. Tentant de briser l'éternelle image de la jeune beauté gourde et mononeuronale, elle n'en reste pas moins maladroite sans pour autant virer dans le ridicule (juste ce qu'il faut pour en faire une héroïne en jupons et au grand coeur). La jeune fille gentille évolue dans une société régie par un système de caste intéressant au niveau "exploration des faces pas très top de la race humaine" qui ne va pas sans rappeler un petit quelque chose des districts de ma dystopie préférée (le fossé entre riches pauvres, corps de métiers, ...) mais qui à mes yeux n'est pas assez creusée et exploitée (et nous faisant passer à côté d'un pan de réflexion intéressant, mais au final ce n'est pas le sujet du bouquin je vous l'accorde). L'action quant à elle monte crescendo pour nous faire passer de la guimauve rose gentille à la baston révolutionnaire, créant un grand écart agréable qui permet de nuancer, balancer, le fil conducteur de l'histoire. Le roman est servi par une plume fluide et impulsive, à l'image d'America, livrant beaucoup de dialogues pour ne surtout pas casser le rythme (car sans lui soyons francs, l'histoire tombe à plat). Pas mal de qualités sont donc à relever chez cette jeune auteure qui a (contrairement à ce que je craignais lors de la lecture numéro une), réussi le tour de force de ne pas faire tomber ces poupées dans une intrigue à la Barbie (oui je sais encore elle), mais en parvenant au contraire à replacer la femme dans un rôle qui se tient pour en faire une figure forte en robe de soirée.

Au final? Un conte de fées moderne où tous les coups sont permis, où tous les rêves sont porteurs, et où les déceptions peuvent être cruelles. Un bonquin qui mérite d'être repris si on l'abandonne une première fois. Une série qui a su m'emporter au point de m'enfiler les 3 à la suite.

J'ai vraiment passé un excellent moment avec cette série certes imparfaite, mais qui a su rassembler suffisamment de qualités que pour m'emporter dans ses pages.

Rédigé par Sophie

Publié dans #ado - young adult

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