Amours - Léonor de Récondo

Publié le 21 Février 2015

Amours - Léonor de Récondo

AMOURS. "L'amour est là où il ne devrait pas être, au deuxième étage de cette maison cossue, protégé par la pierre de tuffeau et ses ardoises trop bien alignées, protégé par cette pensée bourgeoise qui jusque-là les contraignaient et qui, maintenant, leur offre un écrin." Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d'une maison pour écrire un éblouissant roman sur l'épanouissement du sentiment amoureux le plus pur - et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un riche notaire et que les choses du sexe plongent dans l'effarement, à prendre en mains sa destinée. Surtout pas son trouble face à l'inévitable question de l'enfant qui ne vient pas. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l'héritier Boisvaillant tant attendu. Comme elle l'a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s'apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire ne sait comment s'y prendre avec le nourrisson. Personne n'a le droit d'y toucher et Anselme est prié de s'installer sur un lit de camp dans son étude. Le petit Adrien dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont sa mère, qui a bien du mal à s'inventer dans ce rôle, martèle inlassablement les touches. Céleste comprend ce qui se joue là, et décide de porter secours à l'enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s'éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre du deuxième étage...

Je ne jugerai plus JAMAIS un roman à sa couverture. Après avoir lu celui-ci, la leçon est apprise, promis je ne le ferai (presque) plus.

Arrivé dans ma pal sous la pression de la blogosphère (merci Julie ), je serais passée à côté de cette petite perle si je n'avais pas lu tant de choses positives sur cette auteure.

"Amours", en plus d'être un hymne à ce sentiment si complexe, est un appel à la tolérance, à l'émancipation féminine, et à l'humanité. Que de relations complexes, que de sentiments contradictoires, que de conflits intérieurs pour ces deux femmes qui se découvriront pour laisser leur passion les emmener là où elles ne pensaient aller. Que de secrets, que de complexités entre domestiques et maîtres de maison, que de choses tues au bénéfice de la bienséance. Le huit clos de cette maison où personne ne semble se comprendre mais où tout le monde pourtant cherche à satisfaire l'autre (même de façon inadéquate) est tantôt étouffant et tantôt fascinant. Jusqu'où iront les protagonistes? Quels seront les secrets les plus inavouables? Jusqu'où peut aller la domesticité? Qu'il est facile de se laisser emporter par ce récit, de se laisser captiver au point d'en oublier le temps qui passe.

Au service de ces thématiques ? Une plume qui brille par sa simplicité. Sans artifice, sans fioritures, de toute façon elle n'en a pas besoin. Un caractère authentique et profond qui relate et nous plonge dans cette "famille" digne des grandes sagas. Une fois le livre fermé ? Des questions .... Que deviennent-ils? Comment grandit cet enfant ? Connaîtra-t-il un jour la vérité de sa naissance?

Commencé au petit matin pour tenter de retrouver le sommeil, je n'ai pu le reposer qu'un fois fini quand le réveil a sonné. Je l'ai tellement savouré que pour un peu j'en remercierais presque le chien du voisin (le responsable de ce réveil nocturne).

Je pense me plonger très rapidement dans "Pietra viva", simplement pour le plaisir de retrouver cette plume à la sensibilité si déroutante.

Rédigé par Sophie

Publié dans #litté dite blanche

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eimelle 22/02/2015 10:19

un de mes derniers coups de coeur! Bon dimanche!

Sophie 22/02/2015 11:06

quand je pense que j'ai failli passer à coté de cette perle.
bon dimanche !