Que ta volonté soit faite - Maxime Chattam

Publié le 27 Janvier 2015

Que ta volonté soit faite - Maxime Chattam

Pour son vingtième roman, Maxime Chattam s’amuse à dresser le portrait d’une petite ville du Midwest américain des années 60 jusqu’au début des années 80, avec pour fil rouge l’évolution de Jon Petersen, un pervers psychopathe, de son enfance jusqu’au point culminant de sa sinistre carrière criminelle. Un roman noir à l’écriture et à l’atmosphère uniques dans la carrière de l’auteur, où tout converge vers un final aussi étonnant qu’imprévisible. Que ta volonté soit faite est non seulement un voyage à Carson Mills, mais aussi dans ce qui constitue l’essence même du roman policier, la vérité et le crime. On songe bien sûr à Stephen King (une bourgade à la Norman Rockwell où tout le monde connait tout le monde, un vieux shérif obstiné, le poids de la religion, les secrets de famille…) et parfois aussi à Jim Thompson.

Je prends enfin le temps de rédiger ce billet qui fait suite à une lecture percutante qui à tous les coups laisse des traces. Je ne serai pas originale. Ne comptez pas sur moi pour enfin rédiger le billet négatif sur ce roman, je rejoins la grande foule de ceux qui sont tombés sous le charme horrifique de la plume surprenante du grand Chattam.

Dès le premier chapitre le ton est donné: le "héro" est méchant, pervers et violent à souhait. Cependant, ce même héro ne transgresse pas les règles de la tradition chattamique: ses actes sont "fins", percutant, et porteurs de sens dans l'histoire (pour la petite anecdote, j'ai ripé en écrivant l'article et avais écrit "porteur de sang" lapsus lapsus ...).

Un récit d'ambiance misant sur le glauque qui inévitablement éveille en vous un sentiment de malaise captivant, voilà ce que j'avais entre les mains. Après avoir frémis d'effroi, j'ai ressenti le dégoût. Alors que je ressentais dans mon dos le souffle chaud et poisseux de la "bête", je fondais de compassion pour ses victimes. Alors que j'étais prise dans une chaleur étouffante, je ressentais pourtant ces frissons qui font froids dans le dos. Oui j'étais là, à Carson Mills, tantôt sur le perron d'une maison, tantôt contre la carrosserie d'une voiture, mais toujours aux premières loges pour voir les agissements de Petersen.

Chattam nous livre ici un roman différent. Son personnage bestial et diabolique est finement travaillé et d'une précision sans pareille. L'ambiance quant à elle est palpable et arrivera à provoquer chez vous le sentiment de malaise, oui oui la bête est proche. Et pourtant? Et pourtant le sang ne gicle pas dans tous les coins, la recherche n'est pas axée sur le concours de l'acte le plus odieux, mais bien sur le travail de tous ces détails qui font la différence, un peu comme le ferait le grand King.

Ce Chattam là je l'ai adoré et j'en redemande.

Ce Chattam là m'a conquise et surprise.

Ce Chattam là est la preuve que l'humanité dans ce qu'elle a de plus repoussante peut pourtant se révéler captivante.

Rédigé par Sophie

Publié dans #polar - thriller

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Commenter cet article

Virginie 27/01/2015 10:47

Mmmm; un pervers psychopathe????

Sophie 27/01/2015 10:48

:)