On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

Publié le 26 Août 2014

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

« Une vie, et j'étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros.
Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l'appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu'on fait, l'envie de changer le monde.
Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser.
Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant.
Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies.
Combien valurent les nôtres ? »
À force d'estimer, d'indemniser la vie des autres, un assureur va s'intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s'affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l'adolescence, qui abrite pourtant les plus grande
s promesses.

Seconde lecture chroniquée de cette rentrée littéraire, second bouleversement. Avec ce roman, Grégoire Delacourt a pris un virage à 180 degrés et a frappé fort.

Habituée à ses écrits gorgés de bons sentiments, que j'allais jusqu'à qualifier de "plaisants" et de "gentils", je me suis trouvée ici face à une plume radicalement différente. Plus sombre, plus profonde, plus mélancolique et oh combien plus dramatique.

Que vaut une vie?

Que valent les événements du quotidien?

Quelles sont nos valeurs et quelles sont les vraies valeurs?

Quel est le prix du pardon?

Comment se construire face aux drames du quotidien mais aussi face aux vraies catastrophes?

Quel est le poids de la résilience?

...

Autant de questions et tant d'autres abordées dans ce court roman d'un peu plus de 200 pages. C'est déjà pas mal me direz-vous compte tenu d'une tendance à faire dans le plus en plus court. Oui c'est déjà pas mal et pourtant, il est si dur de s'en décrocher (imaginez ma tête ce matin), il est si dur de lâcher ses personnages ancrés dans leur noirceur quotidienne, jusqu'à l’innommable. Et les pages se tournent comme une quête de positif au travers de ces phrases, comme une recherche de soleil à travers cette grisaille, et il finira bien pointer. Parce que c'est obligé, "comme dans la vraie vie" après tout, non?

Un très beau roman, aussi sombre que beau. Un tournant radical pris par la plume de l'auteur qui ne le rend que plus talentueux. Un changement de style réussi qui en touchera plus d'un dont moi.

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

Rédigé par Sophie

Publié dans #litté dite blanche

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Valou076 26/08/2014 23:27

je viens de le finir.. et c'est une découverte de l'auteur pour moi. Ce n'est pas une révolution en ce qui me concerne, mais le roman a des qualités, c'est sûr !

par contre... il fait plus de 360 pages, et je ne l'ai pas trouvé court ^^, il me semble qu'il est plus épais que les deux précédents non ?

sophie 27/08/2014 09:13

plus épais en effet (marrant en numérique il en fait moins ..... enfin comme souvent)

jerome 26/08/2014 13:28

Je suis content d'apprendre que cet auteur a eu le courage de changer radicalement de style. Tous ne prennent pas autant de risques, malheureusement. Pour autant je ne sais pas si je me laisserais tenter. Ou alors quand il sortira en poche.

sophie 26/08/2014 15:06

je pense que scarlet a fait "pas mal de dégats" chez pas mal de lecteurs ... beaucoup n osent plus aller vers lui depuis (ce qui fait que je vais finir par le lire ce bouquin juste par curiosité)

Kincaid 26/08/2014 10:04

Grégoire Dealcourt reste une valeur sûre, ça fait plaisir ! Il me tente énormément mais le rapport nb de pages/ prix est un peu trop élevé, j'attendrai qu'il sorte en poche !

Cécile 26/08/2014 09:37

Bon ben je vais le lire, dans ce cas ^_^

maroit 26/08/2014 07:41

Ds amazon.fr, le second commentaire (pas critique littéraire ) démolit le bouquin.....

sophie 26/08/2014 07:57

je pense ne pas avoir la même définition du mot vulgaire que la personne ;)