L'enfant-rien - Nathalie Hug

Publié le 5 Août 2014

L'enfant-rien - Nathalie Hug

"Aussi loin que je me souvienne, je l'attendais assis, le menton sur les genoux, les bras autour des jambes et le dos appuyé contre la porte du placard. N. H. Petit garçon étrange, Adrien guette chaque semaine l'arrivée du père de sa demi-sœur, dans l'espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre. S'il rêve d'un papa, Adrien veut surtout percer le secret de sa naissance, secret qu'il croit enfermé dans une boîte rouge, cachée hors de sa portée. Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et se transforme en « tas-de-fraises-à-la-crème », la possibilité d'une vie différente s'ouvre à lui. Mais Adrien, l'enfant-rien, peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n'est pas la sienne ?"

De Nathalie Hug, je ne connaissais que ses écrits en tandem avec Jérôme Camut. C'est au détour d'une promenade sur des groupes dédiés à la lecture que j'ai découvert ce titre avec lequel elle signe son premier roman "solo".

Court, très court, mais bon sang, qu'est ce que c'est intense!

De prime abord, j'ai failli le reposer pour la même raison que j'ai reposé "Room" lors de sa première lecture: le narrateur est un enfant et son parlé est celui d'un enfant perturbé, il faut s'y faire. Néanmoins, me rappelant à quel point le roman d'Emma Donoghue fut un coup de coeur, je me suis interdite de l'abandonner sur ce seul prétexte, et j'ai franchement bien fait.

Plume sensible relatant l'histoire de cet enfant-rien, Nathalie Hug nous transporte dans cet univers d'enfance brisée. Maîtrisant son sujet, elle nous livre un roman avec son lot de souffrance, d'émotions, de sensibilité en évitant (et c'est un tour de force vu le récit) de tomber dans le patho et le mélo, afi, de scotcher le lecteur à l'histoire qui se déroule sous ses yeux où les méchants sont bien méchants, les perdus bien perdus, et les victimes bien victimes. Chacun est à sa place et tient son rôle dans cette fable des temps modernes dédiées à l'enfance et à ses souffrances lorsque la vie décide de ne pas lui sourire.

Tout au long de ma lecture, j'ai vu des thèmes se dessiner et m'interpeller:

- la quête de soi, d'identité, et de sens

- l'imprégnation familiale et ses conséquences

- le rôle parental (même si parfois un peu de caricaturé dans ses aspects négatifs)

- la maladie et ses conséquences (en y mettant le même petit bémol que le rôle parental)

- les réactions enfantines (exacerbées) face à telle ou telle situation

- ...

Et puis vient la fin, sans crier gare, dans un tout dernier chapitre où tout s'écroule, toutes nos certitudes de lecteurs s'effondrent subitement pour nous amener à nous poser sur un tout autre thème, mais je n'en dirai pas plus pour ne pas commettre la faute la plus impardonnable qui soit dans un billet: spoiler.

Tout s'écroule tant et si bien, que cette fin je l'ai relue deux fois, pour être sûre d'avoir compris, parce que la fin part dans une toute autre direction totalement inattendue et surprenante. Comme pour mieux nous percuter ? Pour mieux nous déstabiliser? Pour faire en sorte de nous gifler comme ça tout discrètement histoire que l'on oublie pas de si tôt cet enfant-rien ?

Une belle petite gifle oui, dont je garderai encore la trace quelques temps ...

Rédigé par sophie

Publié dans #litté dite blanche

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FredFarmer 06/08/2014 09:58

Je la connaissais en tandem avec Jerôme Camut mais j'ai hâte de lire cet ouvrage !

sophie 06/08/2014 10:02

le résultat est tout autre que ses romans en tandem je pense mais le résultat est superbe ...

Yvan 05/08/2014 13:29

Le genre de petit gifle qui fait du bien de temps en temps :-)
Et au passage, merci de reparler de ce bijoux inestimable qu'est Room

sophie 05/08/2014 13:31

tu as très bien qualifié room , inégalable celui-là

Anne 05/08/2014 13:15

En effet, c'est une vraie claque, cette fin mais on vibre bien avant. J'aime Nathalie Hug dans ses romans solos, elle fait preuve d'une belle sensibilité et mène bien ses récits, je trouve... j'ai adoré aussi La demoiselle des tic-tac et je lirai bientôt son dernier : 1, rue des Petits Pas.

sophie 05/08/2014 13:26

j'ai vu passer une très jolie critique sur son dernier ;)

angeselphie 05/08/2014 11:48

Merci pour cette découverte. Voici un auteur que je ne connais pas. Je vais me laisser tenter.

sophie 05/08/2014 11:49

je ne la connaissais pas non plus en "plume solo" mais bon sang quelle découverte ... style spéciale de prime abord mais il ne fait pas se laisser aller à le reposer (comme je l'ai expliqué , je radote gloups)