Le collier rouge - Jean-Christophe Ruffin

Publié le 20 Juillet 2014

Le collier rouge - Jean-Christophe Ruffin

Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame... Plein de poésie et de vie, ce court récit, d'une fulgurante simplicité, est aussi un grand roman sur la fidélité. Etre loyal à ses amis, se battre pour ceux qu'on aime, est une qualité que nous partageons avec les bêtes. Le propre de l'être humain n'est-il pas d'aller au-delà et de pouvoir aussi reconnaître le frère en celui qui vous combat ?

Un condensé de nature humaine en un peu moins de 100 pages.

Un hymne à la fidélité d'un compagnon,

Un hymne à la liberté d'opinion,

Un hymne à la liberté d'être,

Un hymne aux vies sacrifiées dans tous les sens du termes au nom de je ne sais quelle idéologie?

Le tout sur fond de foi en l'espèce humaine réincarnée sous les traits d'un juge au service de la loi, des espérances, de la souffrance, et de la reconnaissance de l'humain.

100 pages c'est court, très court, mais au combien prenant. 100 pages pour tracer le portrait d'un homme brisé et de son "compagnon", 100 pages pour tracer le portrait de la société d'après guerre mais aussi 100 pages pour faire passer les sentiments et le vécu de cet homme. Mais qu'a-t-il bien pu commettre pour être enfermé et vivre ce tête à tête avec un juge? Quelle est sa vie et vers quoi va-t-elle? Et ce chien? Quel est son rôle lui si fidèle envers et contre tout?

100 pages c'est court mais c'est intense. L'auteur voulait faire ce bouquin sous forme d'hommage, c'est réussi, mais il va bien au delà de ses ambitions de départ. Car au delà du fait de saluer la mémoire de l'homme qu'il portait au bout de sa plume, Jean-Christophe Ruffin met des mots sur des sentiments humains qui ont animés toute une génération qui a subi la grande guerre.

Ce roman est un petit bijou justement dosé. Ni trop ni trop peu, juste ce qu'il faut pour faire passer en toute authenticité, en toute pudeur, et en toute simplicité ce qu'il est nécessaire de faire passer au travers de ce récit. Je suis incapable de dire qui m'a le plus touchée: l'homme, le juge, le chien? Ou simplement ce petit Jules dont nous ne savons pas grand chose si ce n'est qu'il a tout à construire ...

Via ce bouquin, je soulignerai le rôle de la blogosphère. Le titre ne me parlait pas, la couverture non plus, quant au pitch "oui bon peut-être sans plus". Sans ces billets élogieux, je ne m'y serais pas plongée, et serai passée à côté d'une merveille de sensibilité.

Pas loin du coup de coeur ... pas loin du tout ...

Rédigé par sophie

Publié dans #litté dite blanche

Repost 0
Commenter cet article

Nelcie 21/07/2014 20:39

Le thème me plait énormément ! Alors si en plus c'est pas loin du coup de coeur... ça donne encore plus envie :)

sophie 21/07/2014 22:15

:)

jerome 21/07/2014 10:04

Noté depuis sa parution. Je vais le lire, c'est certain.

sophie 21/07/2014 10:14

oui! j avoue que sans la blogo je ne l'aurais pas ouvert ...

delphine-Olympe 20/07/2014 16:17

Comme toi, je n'étais pas particulièrement attirée par ce bouquin. Mais à présent que j'ai lu ton billet, s'il me passe sous la main, pourquoi pas...

Delphine-Olympe 21/07/2014 19:06

Je ne m'en priverai pas !

sophie 20/07/2014 16:19

si il passe saisis-le!