Les papillons rêvent-ils d'éternité? - Sandra Labastie

Publié le 9 Juin 2014

Les papillons rêvent-ils d'éternité? - Sandra Labastie

« Cette journée du 1er janvier, la première de la dernière année du monde, il s’est passé quelque chose de spécial entre nous, les élus. C’était comme au printemps, quand on devient joyeux sans comprendre pourquoi. C’est la dernière année de souffrance, a dit papa. Bientôt on sera libérés. » Les quatre saisons d’une année, censée être la dernière de l’humanité, défilent à travers le regard d’une fille de 13 ans. Malgré une vie quotidienne régentée par la Bible (entre études de textes, séances de recueillement au temple et prêches dans les rues), l’adolescente, sujette aux railleries du « monde extérieur » autant qu’aux affres de la puberté, va peu à peu se questionner sur sa condition, grâce à l’entrée dans son foyer d’un dictionnaire auquel elle ne cessera plus de se référer secrètement. Le roman ausculte les joies étranges de ceux qui s’estiment élus de Dieu contre le monde entier, à la frontière très fragile où la croyance jouxte la folie. Au fil de cette apocalypse manquée, le roman contemple, avec la justesse et la simplicité de la voix d’une adolescente, la condition humaine dans ses craintes et ses obsessions mais aussi dans son incroyable capacité d’imagination pour survivre à une vie sans espérance.

J'avoue avoir été quelque peu remuée par ce court mais néanmoins très bon roman.

Celui-ci résonne comme un témoignage, celui d'une jeune fille de 12 ans, une "élue", vivant au sein d'une congrégation attendant la fin du monde dans un mélange d'excitation et de crainte.

Exercice périlleux que celui réalisé par l'auteure: aborder l'extrémisme religieux au travers le regard d'un être n'étant plus vraiment une enfant mais pas encore adulte pour autant. Périlleux certes, mais réussi. La narration est celle d'une jeune ado enfermée dans des interdits et des principes qui semblent parfois lui échapper, enfermée dans cette communauté où fanatismes, peurs et autorité ponctuent le quotidien. Récit d'une enfance volée bercée d'obligations et d'illusions, récit aussi d'une "rébellion personnelle" amorçant la libération.

Le livre est prenant, touchant et révoltant. J'ai suivi cette jeune fille et son évolution le coeur serré et l'estomac retourné. Le récit m'a emportée, retournée, avec l'envie furieuse de secouer certains personnages, de leur hurler aux oreilles que la vie ce n'est pas ça, l'envie de ...

Un très bon bouquin pour lequel je me suis demandée où était la limite entre la fiction et le réel. Peut-être n'y en a-t-il pas d'ailleurs? Et si ce récit était simplement autobiographique (ce qui pourrait être le cas au vu des quelques lignes trouvées présentant l'auteure)?

Un bouquin percutant servi pas une plume intelligente qui a fait le pari osé de toucher en se remettant dans la peau d'une toute jeune adolescente en quête de soi et en quête de liberté, ou du moins de sa liberté.

Un roman intelligent avec lequel j'ai passé un moment percutant invitant au questionnement ... Car l'enjeu est là pour nous lecteurs, arriver à ne pas"ruer dans les brancards", arriver à ne pas se laisser emporter par la rage qui s'éveille en nous, ...

Merci aux Editions Michel Lafon pour ce partenariat sur fond de découverte d'une auteure qui a su me toucher et me donner l'envie de parcourir ses autres écrits.

Envie de découvrir le début de ce texte? Suivez ce chemin!

Rédigé par sophie

Publié dans #partenariat, #litté dite blanche

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