Reflex - Maux Mayeras

Publié le 31 Mai 2014

Reflex - Maux Mayeras

" À chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu'aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question : Tu es disponible, Iris ? Je suis toujours disponible. " Iris, photographe de l'Identité Judiciaire, shoote comme d'autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Henry Witkin, fruit d'une lignée chaotique de filles-mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées. Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu'elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors, les monstres se révèlent. Ce n'est que lorsqu'il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines. Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.

Wow .... j'étais dans le même état après mon premier "Space montain".

Un thriller comme celui-là j'en redemande! Que d'émotions ... Dans un même roman, j'ai senti mon coeur de mère se tordre dans tous les sens et pour des raisons différentes:

- il a eu peur

- il a eu mal

- il a ressenti la tristesse intense

- mais aussi de la joie

- il est passé par le dégoût

En passant de l'un à l'autre sans ménagement et en faisant "bang" dans tous les sens.

Deux intrigues parallèles qui au final s’entremêlent comme pour nous rappeler le poids du passé. Ne dit-on pas que l'histoire permet de comprendre le passé après tout ?

Nous disions donc être face à deux intrigues qui s'entremêlent nous amenant à utiliser le passé pour comprendre le présent, nous dépeignant l'humain dans sa bestialité, dans son intensité, mais dans son émotivité aussi. Vous l'aurez compris, l'intrigue est dense, riche, on accroche très vite à ces personnages dont certains sont aussi attachants que dégoûtants, et on se laisse embarquer sans trop savoir où l'on va.

La plume elle est fine, et surtout travaillée. Un beau travail sur l'ambiance du récit et sur les personnages en eux-même donnant au final une délicieuse impression de suffoquer, subtilement dérangeant et pourtant sans tomber dans le gore. Oui bien-sûr l'humain y est bestial, oui bien sûr ce n'est pas un conte de fée, mais l'hémoglobine est très bien dosée ni trop ni trop peu, donnant plus d'espace au travail à faire autour et permettant d'aboutir à ce résultat qui m'a remuée, interpellée, que j'ai apprécié.

La fin, parlons-en. Je me revois sous ma couette disant à ma moitié "mais nan quoi je lis un superbe thriller et bam ça retombe à la fin quoi" pauvre innocente que je suis .... je ne savais pas ce qui m'attendais quelques lignes plus loin. Oubliée cette impression, un peu comme ci la déception ressentie était présente comme pour mieux être percutée par la pirouette finale (comme l'a si bien dit la fée lit 'Vous reprendrez bien une petite claque dans la tronche?").

Un très bon thriller qui m'a touchée et que j'ai dévoré, même si je sais que d'autres n'ont pas étés aussi emballés (et mince la personne à laquelle je pense n'a pas de blog arf). Je suis passée à un cheveu de coup de coeur et prendrai sans doute beaucoup de plaisir à suivre cette jeune auteure fort sympathique.

Bravo à toi Maud.

Rédigé par sophie

Publié dans #polar - thriller

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Delphine-Olympe 31/05/2014 09:31

Mince alors, ça c'est de l'enthousiasme ! J'avoue qu'après, en effet, le billet de La fée lit, ça me donnerait presque envie ! Sauf que, et même si tu dis que c'est subtilement dosé, je n'ai pas très envie d'être confrontée à la violence et me sentir oppressée... Je le garde néanmoins dans un coin de ma tête.

sophie 31/05/2014 09:37

je peux comprendre .... ayant moi-même ce que j'appelle des "périodes guimauve" mais note le en effet dans un coin car il est fichtrement bien ficelé

Yvan 31/05/2014 08:46

Oh que ça me fait plaisir de te voir toi aussi tomber sous le charme de cette lecture ;-).
Un thriller comme celui-là il y en a peu (pas ?) et je ne peux que confirmer ce que tu exprimes si bien dans ta chronique.

sophie 31/05/2014 08:48

du tout bon!