Là où la lumière se pose - Véronique Biefnot

Publié le 29 Avril 2014

Là où la lumière se pose - Véronique Biefnot

"Qu’est-ce qui pousse Nathanaëlle à fouiller son passé, alors qu’elle est parvenue à surmonter les traumatismes de son enfance ? Séparée de sa sœur alors qu’elle n’avait que huit ans, elle aimerait la retrouver, découvrir si elle aussi s’en est sortie. Maria, la psychiatre qui les a recueillies autrefois, l’aide dans son enquête. Celle qui se fait désormais appeler Christine ne la reconnaît pas et vit avec son mari André, dans une communauté isolée des Ardennes. Intriguée par leur mode de vie et désireuse de se rapprocher de sa nièce, prénommée Lili, et qui lui ressemble étonnamment, Nathanaëlle se glisse dans leur monde. Initiée à d’étranges rites, elle est subitement frappée par la dérive sectaire du groupe. Tentant de s’échapper et de sauver les siens, elle est alors rattrapée par les démons dont elle croyait avoir triomphé. Parviendra-t-elle à déjouer la monstrueuse fatalité et démêler les nœuds de leur tragique histoire ? Tension impérieuse et suspense incandescent sont au cœur de ce scénario haletant qui se confond avec le plus sinistre des faits divers"

Une fois de plus: qu'il est bon d'être belge quand je lis ce que je viens de lire (chauvinisme national quand tu nous tiens, mais avouons qu'à y regarder de plus près nous avons de bonnes raisons).

Honte à moi, je ne connaissais pas Véronique Biefnot. Je l'ai découverte sous l'impulsion de Francis Dannemark suite à ma lecture de sa délicieuse comédie "Aux anges" apprenant que .... ces personnages que j'ai quitté à regrets je pouvais les retrouver dans le roman de Madame Biefnot.

"Là où la lumière se pose" est une histoire dramatique aux limites de la folie humaine (entendez par là ... rien de commun avec "Aux anges" dans le style, soyons clairs dès le début). Une histoire qui parle de famille (celle que l'on choisit, celle que l'on subit, celle que ...), d'amour, de vie, de mort, de secte, le tout sur fond de quête de soi et de recherche de sens et des siens.

Ce roman m'a fait vibrer par son intensité dosée juste comme il faut. Abordant des thématiques délicates dans un décor sombre (entendez par là: une secte), il était aisé de se laisser aller porter sur ce sujet "premier" et de faire dans le très noir à grand suspens. Le grand suspens, il y est (oui oui de ceux dont on se dit "oh non elle ne va pas .." et qu'en fait si en fait ... elle le fait). Quant au côté noir, il est atténué, comme pour laisser plus de place à l'humanité de l'héroïne, un peu pour nous laisser croire que derrière ces histoires sombres se cache une éclaircie qu'il faut savoir saisir (et ça j'ai beaucoup apprécié, moi qui ne suis pas d'humeur à lire de gros thriller en ce moment mais qui pourtant apprécie être tenue en haleine).

La plume de Véronique Biefnot est addictive, donnant ainsi à Naëlle une dimension particulière qui nous pousse envers et contre tout à la suivre pour savoir, avec l'envie de lui tenir la main et de lui assurer que demain sera meilleur. Je me suis retrouvée embarquée dans son histoire intense et lourde sans jamais parvenir à la poser totalement, les personnages résonnaient en moi même hors lecture, tant je me suis laissée faire, tant je me suis laissée emmener là où je n'envisageais peut-être pas d'aller.

Ouvrir ce bouquin, c'est être assuré de passer un excellent moment. C'est aussi savourer les retrouvailles avec Emiliana sans pour autant en faire trop (comme un doux clin d’œil que l'on savoure après la folie des hommes). C'est aller à la rencontre de personnages authentiques et "vrais", de ceux que l'on pourrait croiser au coin de la rue, ou pas ...

Troisième volet d'une trilogie, "Là où la lumière se pose" peut être lu indépendamment des trois autres sans que l'histoire n'en souffre (ce fut mon cas). Cependant il y a un risque bien présent: celui de vouloir ouvrir les deux autres romans qui composent la série (et c'est aussi mon cas).

Merci à Francis Dannemark et aux éditions Héloïse D'Ormesson pour cette très agréable découverte d'une plume bien de chez nous pleine de talent!

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Yv 29/04/2014 17:47

Bonjour, je ne suis pas Belge et je le regrette (bon, en fait, pas vraiment, je suis Breton, ça rattrape), mais j'ai la même impression sur ce bouquin et sur Aux Anges qu'on ne quitte qu'à regret. Je te conseille très fortement le tome 2, de la série de V. Biefnot, les murmures de la terre qui est excellent

sophie 29/04/2014 17:51

Breton c'est très bien aussi ;)
J'envisage sérieusement d'attaquer les deux autres tomes, il parait en effet qu'il est excellent.
merci :)