La chambre d'Hannah - Stéphane Bellat

Publié le 30 Mars 2014

La chambre d'Hannah - Stéphane Bellat

"Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d un frère ou d une soeur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l espace confiné de son appartement, mise à l écart parce qu elle est juive. Leurs routes n auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes.

Si La Chambre d Hannah plonge ses racines dans l Histoire la plus sombre, c est aussi le roman sensible et lumineux d une amitié entre deux enfants qui n ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l impossibl
e ?"

La chambre d'Hannah, c'est tout simplement un roman porteur d'émotions capable de vous emporter au delà du réel tel un conte des temps modernes qui a de plus le mérite de nous rappeler à notre devoir de mémoire.

Stéphane Bellat, armé de sa plume (ou plutôt de son clavier mais peu importe) nous entraîne dans ce bouquin tout en sensibilité (si je n'avais pas peur de sombrer dans le cliché j'irais jusqu'à dire qu'il frôle la féminité tant les émotions transpercent, ne m'en veut pas Stéphane). L'histoire de cette amitié impossible teintée d'une pointe de fantastique ne peut que vous emporter, et ce même si le dénouement n'a pas vraiment été une surprise pour moi (j'avoue j'ai vu venir la fin ...). Impossible de ne pas se laisser entraîner tant l'histoire de ces 3 enfants est attachante.

Volet intéressant ou pari osé au choix, l'auteur a voulu y inclure un rappel de notre passé pas si éloigné que cela en fin de compte. Pour coller à l'histoire, il était nécessaire d'être suffisamment précis sans pour autant verser dans le récit noir et dramatique . En gros, il fallait relater certains faits marquants (la déportation et les camps) en les maîtrisant parfaitement afin de pouvoir "alléger" les événements en les rendant cohérents avec le reste du bouquin: relater des faits forts mais de façon simplifiée afin de rester centré sur cette amitié hors norme. Notons tout de même que pour ce qui est de la maîtrise du sujet, Stephane part avec un avantage (spécialiste de la seconde Guerre Mondiale publié à maintes reprises dans les revues spécialisées).

Un tour de force que ce roman, si ce n'est un bémol que je vais exposer rapidement. Au niveau de la narration, pour moi, ça colle: Pierre devenu adulte relate ce qu'il a vécu enfant. Par contre là où ça se complique, c'est lorsque Pierre (enfant) interagit avec son milieu. Sa façon de parler, son ignorance même de certains fait (allant presque jusqu'à ignorer l'existence du second conflit mondial) me faisait plus penser à un jeune enfant qu'à un pré-ado de 11 ans, et parfois ... c'était tout le contraire. Alors Stéphane, juste dans le but de te perfectionner pour le prochain roman (n'y voit pas une tentative de m'offrir des vacances en me débarrassant des mômes), je veux bien t'en prêter pour que tu puisses t'imprégner du phrasé de ces charmantes têtes blondes.

Au delà du superbe roman qui m'a fait pleurer sous le soleil, voyez-y aussi un bouquin à mettre entre les mains de plus jeunes (un bon lecteur même jeune ado peut l'approcher ), comme une bonne introduction à l'histoire de nos grands-parents.

Bravo Stéphane Bellat

Rédigé par sophie

Publié dans #litté dite blanche

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Lou de Libellus 30/03/2014 17:00

J'arrive... le 11 avril. Avant cela, j'ai des contrats ; - )
Ton lien sera sur ma page.
Attends, je reprends un kleenex, je viens de finir l'histoire.

sophie 30/03/2014 17:22

une kleenex et une bonne es ^^