Un repas en hiver - Hubert Mingarelli

Publié le 5 Février 2014

Un repas en hiver - Hubert Mingarelli

"Dans ce nouveau roman, Hubert Mingarelli met en scène des soldats d une compagnie isolée en Pologne, dont la mission est impossible. Soit ils participent chaque jour aux exécutions sommaires, soit ils sont envoyés dans la campagne alentour pour en ramener « un », c est-à-dire un Juif, qu ils devront ensuite livrer à leur supérieur et donc à la mort.
Trois hommes, las des fusillades, prennent la route un matin, et avancent péniblement dans la neige, le ventre vide et les pensées tournées vers leur vie civile, sans autre choix que de prendre part à une chasse à l homme à laquelle ils ne croient pas.
Ce jour-là, ils débusquent presque malgré eux un Juif caché dans la forêt et, soucieux de se nourrir et de retarder leur retour au camp, ils vont procéder dans une maison abandonnée à la laborieuse préparation d un repas avec le peu de vivres dont ils disposent. Les hommes doivent trouver de quoi faire du feu et réussir à porter à ébullition une casserole d eau. Ils en viennent à brûler le banc sur lequel ils sont assis, ainsi que la porte derrière laquelle ils ont isolé le Juif. Le tour de force d Hubert Mingarelli constitue à mettre autour d une table trois soldats allemands, un jeune Juif et un Polonais de passage dont l antisémitisme affiché va, contre toute attente, réveiller chez les soldats un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur proie.
Se posent alors des questions monstrueuses : Faut-il proposer au Juif de manger ? Et, une fois le repas partagé, faut-il le ramener ou le libérer ?
C est ici qu Hubert Mingarelli, dans son style sobre et précis, met le lecteur face à sa conscience et la logique meurtrière à laquelle sont soumis ces hommes. En convoquant la peur, la raison, l espoir, la folie et l humanité contenus en chacu
n d entre nous."

Comment ne pas ressortir bouleversée de cette lecture. Le roman s'est dévoré d'une traite avec l'avidité de savoir, de trembler, de pleurer, de s’énerver, ...

Une percée au coeur des hommes, de ces hommes enrôlés dans cette guerre qu'ils n'ont peut-être pas choisi de faire. Cette guerre qui les place face à eux-même et face à leurs sentiments, à leur conscience.

Une écriture toute en sobriété et profonde, qui ne ment pas, qui relate, qui fait réfléchir.

Une écriture qui nous place face à la haine, et face à la folie des hommes en situation de crise.

Ce roman est très court, mais intense. Il remue et pousse à la réflexion. En le refermant, je n'ai pas pu m'empêcher que nous , humains, avons la mémoire courte. En effet, cette histoire bien que fictive a du être vécue en son temps par d'autres, un temps pas si éloigné et pourtant, bien souvent, nous avons l'impression que l'histoire se répète. Jusqu'où déraperont les hommes d'aujourd'hui? Je me le demande.

J'avoue qu'aujourd'hui je serais bien incapable d'entamer un autre ouvrage, je suis trop retournée.

Petite note: j'ai pour ma part lu la version poche et la couverture est bien plus jolie!

Rédigé par sophie

Publié dans #litté dite blanche

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