Patients - Grand Corps Malade

Publié le 10 Novembre 2013

Patients - Grand Corps Malade

"«J'ai envie de vomir.
J'ai toujours été en galère dans les moyens de transport, quels qu'ils soient. J'ai mal au coeur en bateau, bien sûr, mais aussi en avion, en voiture... Alors là, allongé sur le dos à contresens de la marche, c'est un vrai calvaire.
Nous sommes le 11 août et il doit bien faire 35 degrés dans l'ambulance. Je suis en sueur, mais pas autant que l'ambulancier qui s'affaire au-dessus de moi ; je le vois manipuler des tuyaux, des petites poches et plein d'autres trucs bizarres. Il a de l'eau qui lui glisse sur le visage et qui forme au niveau du menton un petit goutte-à-goutte bien dégueulasse.
Je sors tout juste de l'hôpital où j'étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd'hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés...
Bref, je sens qu'on va bien s'amuser.»

À tout juste vingt ans, alors qu'il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d'une piscine et se déplace les vertèbres. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Il relate ici, dans le style poétique, drôle et incisif qu'on lui connaît, les péripéties truculentes, parfois cocasses, vécues avec ses colocataires d'infortune dans un centre de rééducati
on pour handicapés"

De Grand Corps Malade on connait le poète, ce manipulateur de mots qu les assemble pour en faire des textes forts sur des sujets tout aussi forts.

Si il a ici pris la plume, c'est pour nous narrer le passage de Fabien à GCM, comment il s'est peu à peu réapproprié ce corps mutilé après un accident "stupide".

N'étant pas fan, j'apprécie néanmoins le jeu de mot de l'auteur qui, rendons à César ce qui est à César, manipule la langue française avec dextérité pour en faire les textes qu'on lui connait dans ses chansons (et note totalement féminine de ma part ... ce regard sur la couverture hummmmmm).

Toutefois, me voilà déçue (et j'espère boucler ici un cycle de 3 déceptions) car même si on peut reconnaître sa plume, on tombe (et vous me direz quasi inévitable vu le sujet) dans une suite de séquences relevant parfois d'un voyeurisme (à prendre dans le sens où j'ai plus d'une fois eu la sensation d'être le spectateur de trop dans les scènes décrites ...).

Néanmoins, il écrit bien, très bien même alors .... une petite envie une peu folle ... "Dis Fabien, tu ne veux pas nous écrire un roman, une nouvelle, quelque chose qui nous ferait réellement découvrir ta plume littéraire?

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Yuko 12/11/2013 10:54

Je n'ai pas trouvé ça voyeuriste au contraire. Je trouve que tout cela reste pudique même si c'est raconté avec des mots parfois crus et un langage parlé...

Earane 10/11/2013 14:19

Très chouette article et malgré tout, ça me donne envie de lire (enfin, quand j'aurai enfin fini Kinderzimmer ^^)