La lettre à Helga - Bergsveinn Birgisson

Publié le 13 Novembre 2013

La lettre à Helga - Bergsveinn Birgisson

"Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l'été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrimur et toi". C'est ainsi que Bjarni Gíslason de Kolkustadir commence sa réponse - combien tardive - à sa chère Helga, la seule femme qu'il aima, aussi brièvement qu'ardemment, du temps de sa jeunesse. Et c'est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur cantonal du foin dans ces rudes espaces que l'hiver scelle sous la glace, on découvre l'âpre existence qui fut la sienne tout au long d'un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gislason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave pétrifiée de sa terre d'Islande, soumis aux superstitions et tout irrigué de poésie, d'attention émerveillée à la nature sauvage."

Lecture réalisée dans le cadre du Challenge 1% de la rentrée littéraire.

Que dire ...

Je me suis prise la campagne islandaise de plein fouet, comme ça !

Le hic .... il n'y a pas que la campagne qui est décrite de façon si brute. Beaucoup on qualifié le livre de "cru", ils n'avaient pas tort ...

La lettre à Helga, c'est l'histoire d'un amour non abouti, d'un couple qui aurait pu être mais qui ne fut pas, de deux amants qui ont vécu une passion qui n'a pas eu de suite. C'est l'histoire d'un homme qui écrit à celle qu'il a aimée. Mais cet homme, que la passion a rendu fou écrit ce qu'il pense sans détour. Tantôt choquant, tantôt "drôle" (oui j'ai éclaté de rire face à certains passage), touchant à sa façon et versant l'une ou l'autre fois dans la caricature, quel style singulier...

La lettre à Helga se lit effectivement d'un traite, mais il ne faut pas s'attendre à une belle et longue lettre d'un romantisme sans pareil. Non, cette lettre est l'écrit d'un homme qui écrit ses pensées sans détours au risque de choquer et qui tente de se vouloir vrai. Personnellement, j'avais eu l'occasion de lire l'une ou l'autre critique et savais donc où je mettais les pieds. Néanmoins, j'avoue que l'on peut être désarçonnépar cette écriture et, soyons honnêtes, cela a son petit effet (sûr, on se rappelle de cette lecture).

Ce bouquin n'est certes pas une mauvaise lecture, mais je n'irai pas jusqu'à le qualifier de très beau roman. Il se lit rapidement et est plaisant, mais j'avoue: je serais incapable d'en lire un second de ce genre là dans la foulée ...

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